Société inclusive ou intégrative, quel choix pour l’entreprise ?

Société inclusive ou intégrative, quel choix pour l’entreprise ?

Rédigé le 02/02/2021


Un article intéressant repris par The Conversation explique la différence entre société inclusive et société intégrative. Elle est illustrée par des dessins animés. Mais elle s’applique aussi à notre entreprise. Quels choix voulons-nous pour les employés ? Comme inciter à la diversité ? Comment traiter le respect d’autrui et l’accessibilité universelle ?

[ RSE ] Diversité en entreprise

 

Comprendre les enjeux de l’école inclusive avec Disney et Pixar

Lucas Sivilotti, (Chercheur post-doctorant, docteur en sciences de l'éducation et de la formation, Université de Bordeaux) Université de Bordeaux Janvier 2021.

 

On a longtemps parlé d’intégration scolaire des enfants en situation de handicap. Aujourd’hui, la logique qui prévaut est celle de l’école inclusive. Quelle différence ? Explication en dessins animés.

 

Les différences entre une société inclusive et une société intégrative sont encore aujourd’hui difficilement comprises. La distinction peut paraître subtile et considérée comme une simple question de lexique. Or, au cœur de cette notion d’inclusion se trouvent de nouveaux enjeux liés au respect d’autrui et à l’accessibilité universelle.

 

L’évolution d’une logique intégrative vers une logique inclusive dépasse la simple alternative lexicale. Elle consiste en un changement radical à opérer afin d’adapter la société aux besoins des personnes en situation de handicap. L’analyse des univers créés dans En Avant (Pixar) et Zootopie (Disney) permet non seulement d’expliquer les tenants et aboutissants de ce changement de paradigme, mais aussi d’apporter des éléments réflexifs en réponse aux enjeux sociétaux et éducatifs actuels.

 

L’intégration correspond au droit des personnes en situation de handicap à vivre comme tout un chacun. Elle peut se définir par opposition à la ségrégation (mise à l’écart, exclusion de certains groupes d’individus). Elle apparaît à la fin des années 60 et se concrétise par la Loi de 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées.

 

Le modèle intégratif est une première évolution puisqu’il repose sur l’acceptation de la présence de tout individu. Toutefois, il se heurte à la singularité de chacun. Ce frein est particulièrement visible dans le Pixar sorti en mars dernier, En Avant.

[…].Depuis les années 1990, le terme d’« inclusion » remplace, du moins au sein de l’Union européenne, celui d’« intégration ». Plus qu’un changement de mot, cette évolution marque un véritable tournant dans la prise en compte de la diversité des individus.

 

Dans le cadre d’une logique inclusive, il ne s’agit plus de penser la personne en situation de handicap comme devant s’intégrer à la vie sociale, mais de repenser la société pour qu’elle puisse être adaptée aux besoins de l’individu. La différence n’est plus effacée, elle est reconnue et prise en compte. L’inclusion est vue comme l’évolution de l’ancien modèle intégratif.

[…]

Dans les sociétés occidentales, les résultats du modèle intégratif se sont avérés insuffisants en matière d’accessibilité, de scolarisation et d’emploi. La volonté de normalisation de tous les individus, sans prendre en compte leur singularité, et notamment leurs besoins d’accessibilité, est inefficace.

 

L’intégration a participé à invisibiliser les particularités de chacun, tandis qu’il aurait été préférable d’apporter des compensations visant à rendre accessible l’environnement aux personnes en situation de handicap. L’exemple d’En Avant est édifiant ; toutes les créatures sont acceptées au-delà de leur diversité de taille. Mais rien n’est aménagé pour prendre en compte leur morphologie et leur permettre de se mouvoir avec autant d’aisance que les elfes.

 

On comprend aisément les freins de l’intégration scolaire. Ouvrir l’école ordinaire à tous sans proposer d’aménagements compensatoires comporte le risque d’exclure et de stigmatiser les élèves dont la situation de handicap ne satisfait pas les normes scolaires établies par les établissements. Ce n’est pas seulement l’accès à la scolarité qui doit être facilité pour tous les enfants, mais aussi l’équité pour la réussite scolaire.

 

La logique inclusive, dans le milieu de l’éducation, suggère alors que chaque élève a sa place à l’école et qu’il est du rôle de l’institution et de ces acteurs de trouver des adaptations aux besoins de l’enfant afin qu’il puisse apprendre et se développer sur un même plan d’égalité que ses camarades. Ce principe est porté en France depuis la loi du 11 février 2005, puis confirmé spécifiquement dans le champ scolaire par la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’école.[…]

 

Retrouvez l’article complet sur ce lien :

https://theconversation.com/comprendre-les-enjeux-de-lecole-inclusive-avec-disney-et-pixar-151125

 

Cette question doit aussi se poser sur ce qu’on peut faire de plus mais aussi sur des acquis qu’il ne faut pas retirer. On doit y penser dans le cas d’accords de compétitivité.