Lettre ouverte de la CFDT à Monsieur Mikaël Butterbach – Directeur des Ressources humaines du Groupe Airbus pour la France

Rédigé le 16/09/2022



Monsieur le Directeur,

 

En janvier dernier, je vous avais écrit, au nom de toutes les sections CFDT du Groupe Airbus, pour vous alerter sur la reprise de l’inflation fin 2021 et la nécessité d’une politique salariale généreuse pour 2022, afin de compenser cette inflation 2021 et d’anticiper l’inflation 2022, tout en assurant une gestion dynamique des carrières de tous les salariés. A ce titre, la CFDT demandait un rattrapage immédiat de 2,2% pour 2021, ainsi qu’un budget de 4,5% pour la politique salariale 2022. Notre hypothèse pour justifier ces chiffres était un maintien de l’inflation 2022 à un niveau proche de celui de 2021, soit 2,8%.

 

Nous n’avons pas été entendus, puisque les accords de politique salariale signés dans les diverses entreprises du groupe limitent le budget d’augmentation 2022 à 3,9% chez Airbus Commercial et Airbus Atlantic, 4,1% chez Airbus DS, et seulement 3,6% chez Airbus Helicopters. Dans les 4 sociétés, l’augmentation générale n’est que de 2% pour les cadres comme pour les non cadres. La CFDT n’a signé aucun de ces accords.

Fait nouveau, la Direction a souhaité inclure dans l’accord de 2022 la Politique Salariale de 2023, à hauteur de seulement 2,9% (dont 1% d’AG) pour la période allant du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024. La CFDT n’était pas demandeuse d’une négociation sur 2 ans, dans un contexte de grande instabilité économique internationale. La CFDT a également contesté la « clause de révision », clause qui acte de facto l’absence de tout rattrapage avant le 1er juillet 2023, et limite la possibilité de révision à la période 2023/2024.

 

Or le contexte inflationniste n’a cessé de s’aggraver depuis la signature de ces accords : si elle était encore limitée à 2,9% à fin janvier, valeur de référence à l’ouverture des négociations, elle a dépassé 6% en juillet et l’INSEE prévoit désormais 6,6% à fin décembre 2022 (note de conjoncture du 7 septembre 2022).

 

Ainsi, depuis 2020, la plupart des salariés du groupe Airbus ont vu leur pouvoir d’achat diminuer. Pour ceux qui n’ont pas eu d’augmentation individuelle durant cette période, cette perte de pouvoir d’achat dépasse 5%. Une telle situation est sans précédent dans le groupe Airbus. Elle est particulièrement incompréhensible pour les salariés, qui ont participé par leurs efforts au

 

redressement du Groupe après la crise Covid, redressement concrétisé par un bénéfice 2021 exceptionnellement élevé, le plus élevé depuis la création du groupe.

 

Pour la CFDT, il est inconcevable d’attendre la mi-2023 pour corriger cette situation. D’ici là, tout laisse à penser que l’inflation aura encore ajouté au moins 5% de perte de pouvoir d’achat à tous les salariés. Sans correctif immédiat, cela voudrait dire laisser certains salariés avec une perte cumulée de pouvoir d’achat de plus de 10%. Pour la CFDT, ce n’est pas imaginable.

 

En conséquence, Monsieur le Directeur, les sections CFDT du groupe Airbus demandent la réouverture immédiate de négociations salariales dans toutes les sociétés du Groupe Airbus, et revendiquent :

  • Une augmentation générale immédiate supplémentaire de 4% pour tous les salariés, afin de compenser la différence entre l’inflation 2022 telle qu’elle était prévue lors des Négociations Annuelles Obligatoires et celle qui est annoncée maintenant par l’INSEE.
  • Une renégociation, début 2023, de la politique salariale pour la période 2023/2024, incluant une augmentation générale en rapport avec l’inflation réelle (et donc très supérieure aux 1% de l’accord actuel).

 

 

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sincères salutations.

 

 

Pour l’ensemble des sections CFDT du groupe Airbus,

 

 
   

Hervé PINARD

Coordinateur CFDT pour le Groupe Airbus

herve.pinard@airbus.com

 

Copies :

Thierry Baril

Aménanie Renaud-Lebot


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