REACTION

REACTION

Rédigé le 16/04/2020


Déconfinement progressif : Berger "satisfait" que Macron "n'ait pas promis de la sueur et des larmes"

 

 Alors que le chef de l'Etat envisage, à partir du 11 mai, le redémarrage d’une partie de l’activité économique, Laurent Berger, patron de la CFDT, invité d’Elizabeth Martichoux ce mardi 14 avril, propose de son côté un "protocole de reprise d’activité" et donc de "déconfinement économique".

 

Article de LCI 14 avr. 10:15 - Romain LE VERN (lci.fr)

 

"Rien ne repartira comme avant". C’est le constat dressé par Laurent Berger, invité d'Elizabeth Martichoux mardi 14 avril et interrogé sur l’allocution d’Emmanuel Macron ce lundi soir. Le chef d'Etat a en effet évoqué la possibilité, au 11 mai, pour le plus grand nombre de "retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services", sans donner plus de détails, indiquant que "le gouvernement préparera sans délai ces réouvertures avec les partenaires sociaux pour que des règles soient établies afin de protéger les salariés au travail."

Pour le patron de la CFDT, impossible de reprendre le travail le 11 mai comme si de rien n’était : "Il faut rediscuter de l'organisation du travail et s’il n’y a pas ce moment de réflexion, de discussion et de négociation, il y aura beaucoup de difficulté à reprendre car les gens auront peur", assure-t-il ce mardi sur LCI. Pour ce faire, la centrale demande qu’il y ait un "protocole de reprise d'activité" accompagnant ce "déconfinement économique nécessaire". 

En d’autres termes, il importe que le ministère du Travail mette rapidement en place des lignes générales pour que des protocoles généraux soient discutés par l’entreprise ou par branches. Une proposition partagée selon Laurent Berger par d’autres que la CFDT, dont des responsables des organisations patronales.

Non pas "travailler plus" mais "travailler tous"

Pour que ce "déconfinement économique" se passe dans les meilleures conditions, Laurent Berger préconise un dialogue franc entre patrons et salariés : "Partout où les travailleurs sont à leur poste - il faut les saluer et il faudra les revaloriser -, nous nous sommes battus pour qu'ils soient protégés en termes de santé. Il faudra que l'administration du travail soit à pied d'oeuvre comme elle l'est aujourd'hui malgré des moyens insuffisants" ajoute-t-il. "Il faudra aussi que par la discussion dans les entreprises, on puisse améliorer la situation. Les chefs d'entreprise comprendront que rien ne sera possible sans discussions avec leurs salariés".

A l’heure où certains tirent des plans sur la comète sur le monde de demain, le patron de la CFDT souhaite "qu'il y ait un jour d'après différent de ce qu'il était jusqu’alors" mais qui ne soit pas synonyme de "travailler plus" : "La question qui est posée demain, c'est de travailler tous". 

Laurent Berger n’avait en effet guère apprécié la sortie de Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, appelant les salariés à travailler plus une fois sortis du confinement, pour en compenser les effet, la qualifiant de "totalement indécente". La secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher avait également estimé qu'il faudrait "probablement travailler plus" pour "rattraper" la croissance perdue en chemin. Emmanuel Macron a selon lui rectifié le tir ce lundi soir : "Je me satisfais que le Président n'ait pas promis de la sueur et des larmes : on a besoin de redonner des conditions de travail pour qu'on puisse repartir sereinement dans les entreprises."